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Confronté à un environnement hostile, l'homme préhistorique apprit très vite à lancer un projectile et à atteindre sa cible. Force, adresse, détente, concentration, conditions indispensables à l'efficacité du geste « bouliste » étaient déjà contenues dans ce mouvement de défense que l'homme de Cro-Magnon, en lutte pour sa survie, dut vite apprendre à maîtriser. A l'origine, le lancer était donc un geste guerrier. Plus tard, quand il sut polir la pierre, l'homme se mit à faire des formes rondes, plus faciles à saisir et capables de... rouler. Lancer, rouler, les éléments essentiels des jeux de boules étaient réunis. Il suffisait d'en trouver le principe : placer le plus près possible de l'objectif un objet rond appelé « boule », en le lançant, le faisant rouler et, si besoin, en chassant les boules de l'adversaire. Naturel, simple, généreux, le geste bouliste est profondément ancré dans la mémoire individuelle et collective de l'homme.
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| Sur la foi de fouilles archéologiques à l'authenticité incontestable, Assyriens, Égyptiens et Chinois pourraient revendiquer la paternité des jeux de boules. Il est tout à fait possible qu'on y jouait quelque part sur la planète aux alentours de l'an 1000 avant Jésus-Christ, comme le montrent de récentes fouilles dans la province du Ho-Nan, en Chine. |
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Les Grecs ont pratiqué la « Sphaera » (on dit aussi «la Sphérique »), mais les historiens se demandent encore s'il s'agissait là d'un jeu de balle, de boule ou de... lancement du poids. |
| Avec les Romains, le jeu se rapprocha davantage des formes modernes que nous connaissons aujourd'hui. Il existe à Rome, au temple de Caracalla, une fresque très significative montrant une partie de boules où on y voit des joueurs jeter la boule, après élan, et d'autres en train de mesurer un point. |
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Au Moyen Age, les jeux de boules connurent un succès populaire tel que le Roi de France, Charles V le Sage, dut, en 1369, prendre une ordonnance pour interdire ces jeux, qui détournaient ses sujets d'entraînements à des exercices plus guerriers, comme le tir à l'arc et à l'arbalète. En ce temps-là, le bon peuple jouait au «bouloir» dans des boule-ries, et le joueur de boules s'appelait tout naturellement «bouleur». |
| Avec la Renaissance, la « boule » continua sa progression. En Italie, surtout, où elle atteint un tel développement que le Pape Jules Il recrutait dans les « boule-ries » les joueurs les plus habiles pour en faire de redoutables lanceurs de pierres enrôlés pour la défense de la papauté. L'Ancien Régime vit la « contagion bouliste » atteindre les classes bourgeoises. On joua sur herbe, comme en Angleterre, et l'on trouve encore dans certaines villes telles que Rouen une place du Boulingrin (Bowling Green).Mais la terre battue, en France comme en Italie, restait le terrain de prédilection. |
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Le tout-puissant Corporatisme qui sévissait alors s'inquiéta de l'évolution des jeux de boules, au point de les faire interdire par un arrêt du Parlement en date du 7 septembre 1629. L'Église entérina et, seuls, les moines, dans de lointaines abbayes, continuèrent à l'insu de tous leur « coupable activité » |
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Après 1789 et la fameuse nuit du 4 août qui abolit les privilèges les jeux de boules retrouvèrent la ferveur populaire. Par delà le XIXème siècle et jusqu'à nos jours, ils allaient continuer leur progression. Quand on se plonge dans l'histoire des jeux de boules, ce qui frappe, c'est la notoriété qu'ils ont connue pendant de longues périodes et l'intérêt suscité auprès de personnages célèbres : des peintres, comme l'Espagnol GOYA et le Hollandais VAN BREUGHEL, des scientifiques, comme le célèbre physicien AMPÈRE, des hommes de lettres (RABELAIS, DIDEROT), etc... etc... Le (« père » de Gargantua - qui était aussi médecin - écrivait même : « Le jeu de boules est propre à tous les âges, depuis la plus tendre enfance jusqu'à la vieillesse », allant même jusqu'à lui attribuer des vertus préventives pour « les rhumatismes et autres maux semblables ! » |
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Grosse ou petite, pleine ou creuse, vernie ou cloutée, en bois, en métal, en plastique, ou en quelque matériau que ce soit, la boule a aussi souvent changé de taille, selon les variantes d'un jeu qui se pratiquait sur différentes surfaces, ici d'une façon, là-bas d'une autre. |
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| Dans tous les cas, un jeu dont les racines plongent dans la nuit des temps et qui appartient au patrimoine ludique et sportif de l'humanité. | |
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